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22 Avril 2012 - "Eating Planet" - Se nourrir aujourd’hui: un défi pour l’homme et pour la planète

 

“Der Mensch ist, was er isst” (« l’homme est ce qu’il mange ») affirmait Ludwig Feuerbach dans son fameux ouvrage de 1862. Aujourd’hui encore, après cent cinquante ans, ce célèbre aphorisme conserve tout son sens. Ainsi, il y a cent cinquante ans, on prévoyait qu’au cours de notre millénaire le secteur agroalimentaire serait devenu un marché banal, dénué de problèmes complexes; une science sur laquelle il n’aurait plus été nécessaire de s’engager dans la recherche et dans l’innovation. En revanche, aujourd’hui, dans une époque où les principes de l’économie de subsistance ont été profondément remis en question, la structure de la filière alimentaire, les logiques de production et l’approvisionnement sont de plus en plus compliqués. Les acteurs concernés augmentent, les actions entreprises par les différentes lobbies sont plus pressantes, et les variables du système dont il faut tenir compte se multiplient, en amplifiant les doutes et les incertitudes quant au scénario à venir. Les problèmes liés à l’alimentation et à l’agriculture “sont des problèmes infiniment plus compliqués et plus enracinés dans notre système économique et dans notre société, avec des conséquences beaucoup plus étendues et durables que celles des déséquilibres financiers de ces dernières années“ - écrit Mario Monti dans la préface de l’édition 2012 du livre Eating Planet. Se nourrir aujourd’hui: un défi pour l’homme et pour la planète, publié par le BCFN en collaboration avec le Worldwatch Institute, et gratuitement téléchargeable le 22 Avril sur www.barillacfn.com et disponible depuis le 26 Avril sur les principaux sites ecommerce. S’il est vrai que l’un des points faibles des modèles politico-économiques mondiaux, au cours de ces vingt dernières années, a été une baisse de l’attention sur ces sujets, aujourd’hui, M. Monti suggère qu’ “il faut de nouveau attribuer à la nourriture un rôle central dans le programme politique et économique international“. Et c’est justement pour accroître la vigilence des individus sur ces problématiques que trois ans après sa création, le BCFN propose, avec Eating Planet, une synthèse de ce qui a été élaboré jusqu’à ce jour, en proposant une marche à suivre, réel parcours sur lequel s’appuyer afin de mettre en place les importants développements futurs. Le texte offre une perspective particulièrement étendue qui implique toute la filière agroalimentaire, du champ jusqu’à la table, et passe en revue les principaux paradoxes (obésité et sous-nutrition, pénurie de terrains agricoles et utilisation des champs pour la production de biocarburant, gaspillage de la nourriture et famines, etc.) avec une approche rigoureuse des contenus sur le plan scientifique, mais très compréhensible dans son style d’exposition. Dans le cadre des différents chapitres, il y figure également des témoignages influents d’experts mondiaux – parmi lesquels Vandana Shiva, Shimon Peres, Tony Allan, Ricardo Uauy, Carlo Petrini, Paul Roberts et Raj Patel – appelés à commenter les problématiques soulignées par le BCFN et à suggérer des solutions possibles.

 

 

28 Mars 2012 - "La valeur de la diversité alimentaire"

 

Globalisation et flux migratoires ne cessent de créer de nouvelles occasions de mixité et d'échanges culturels. Bien que les médias retiennent le plus souvent de la mondialisation conflits et intolérances; la réalité est bien plus variée et peut donner lieu à une mixité des usages, des coutumes et des traditions. Les meilleurs exemples sont ceux qui ont trait justement à l'alimentation car cette dernière a toujours joué un rôle important en matière d'intégration et de dialogue. La tendance dont on parle beaucoup ces derniers jours est celle des aliments halal, qui en arabe signifie "licite", il s’agit alors de distinguer les aliments qui respectent les préceptes religieux établis par le Coran. Tout ce qui n'est pas halal est considéré comme haraam et donc "interdit". Parmi les aliments haraam (outre le porc et l'alcool), figurent notamment toutes les viandes qui n'ont pas été abattues selon le rite islamique indiqué dans le texte sacré de la Sunna. À l'inverse de la crise mondiale, ce marché a progressé rapidement ces dix dernières années – il représente aujourd'hui plus de 660 milliards de dollars, soit 17% de l'industrie alimentaire mondiale (en Europe il pèse près de 15 milliards par an). Et ce, non seulement en raison de l'augmentation de la demande de la part des musulmans, notamment dans les pays asiatiques (Indonésie, Chine, Inde, Malaisie) et du Golfe Persiquemais également de la part de passionnés de cuisine ethnique et des amateurs de produits naturels en quête d'une alternative à l'alimentation biologique habituelle. En effet, pour être labellisé halal, chaque produit doit obtenir une certification de qualité rigoureuse délivrée par un organisme agréé. D'autre part, selon les conclusions de la conférence et exposition internationale sur l'industrie halal (qui a eu lieu en janvier 2012), la disponibilité de produits halal dans le monde est encore trop limitée. Au point que les consommateurs de certains pays islamiques ont commencé à importer des produits halal de pays non musulmans (principalement d'Australie et du Brésil) et que de grandes enseignes comme Tesco, McDonalds et Nestlé, entrevoyant les immenses opportunités de ce commerce, viennent de référencer de nouvelles gammes de produits.

 

1 Mars 2012 - Les trois premières années d'activité du BCFN: sujets analysés et résultats obtenus

 

Trois années se sont écoulées depuis la création du Barilla Center for Food & Nutrition (BCFN) et nous pouvons dire que le bilan est positif. Par rapport aux années passées, grâce à un important travail d'analyse critique et approfondie des scénari agroalimentaires, nous avons progressé dans la compréhension des paradoxes flagrants qui caractérisent le monde où nous vivons.

Cette prise de conscience nous a convaincus encore davantage de l’importance de chercher des solutions car nous ne pouvons plus tolérer qu'autant d'individus continuent à l'avenir de souffrir de la faim face à autant d'autres qui luttent contre l'obésité. De même, nous ne pouvons plus nous résigner à ce que notre consommation excessive et dérégulée réduisent les ressources au point de léser les droits des générations à venir ni tolérer le gaspillage et l'utilisation impropre des terres cultivables. L'objectif du BCFN, pour sa quatrième année d'activité, consiste donc à participer au débat pour construire un chemin vers un équilibre plus sain, pour nous et pour le monde où nous vivons. Nous poursuivrons nos efforts dans l'écoute et la lecture attentive des études et expériences les plus importantes sur le plan scientifique afin d'élaborer des documents, de promouvoir des discussions et de rédiger des recommandations à porter à l'attention des décideurs du monde entier.

En 2011, les sujets-clés abordés traitaient principalement des biotechnologies et des OGM, du lien entre alimentation et santé ainsi que de l'accès à l'eau. En 2012, nous poursuivrons notre travail d'analyse, d'une part, etd’information, d'autre part, dans l'objectif d'élargir toujours davantage les sujets d'études et de toucher un public toujours plus vaste, en Italie comme à l'étranger. Nous aborderons notamment les quatre grands défis mondiaux suivants : Gaspillage de la nourriture. Impact social et économique de l'obésité. Évolution du régime et des habitudes alimentaires. Durabilité de la filière agroalimentaire.

Ces quatre thèmes feront l'objet de publications scientifiques, rédigées à l'occasion de débats en ligne entre experts internationaux (webinaires), dediscussions lors des rencontres avec les principales institutions internationales et, surtout, lors du quatrième Forum International sur l'Alimentation et la Nutrition que le BCFN organisera cette année les 28 et 29 novembre à Milan.

 

21 Décembre 2011 - Lettre aux Grands de la Terre

 

Le 1er décembre 2001, le 3emè Forum International sur l'Alimentation et la Nutrition, organisé par Barilla Center for Food & Nutrition à l'université Bocconi s'est conclu à Milan. Les grands paradoxes mondiaux ont été au cœur des débats. Pour cette édition 2011, le forum affichait complet avec plus de 2000 inscrits aux débats, au cours desquels 58 intervenants venant de 4 continents se sont succédés à la tribune. Le président de la république italienne, Giorgio Napolitano, a remis au forum une plaque au nom de la présidence de la république, en signe de l'importance que cet événement à atteint au niveau international. Nous reprenons ici dans son intégralité la “ Lettre aux grands de la Terre ” présentée par des Istituto superiore Severi – Correnti de Milan à la tribune du 3e Forum International sur l'Alimentation et la Nutrition, lettre qui fait écho aux attentes des nouvelles générations.

 

“Aux chefs d'État, aux chefs de gouvernement, aux décideurs des pays émergents et des pays développés, à tous ceux qui ont des responsabilités de gouvernement, sur toutes les latitudes et les longitudes de notre Planète. En tant que citoyens et générations futures du troisième millénaire, nous continuons à assister, impuissants, aux grands paradoxes globaux, aux contradictions et aux injustices sociales. Au lieu de donner des réponses et des solutions à ces situations d'alerte, on les laisse empirer de jour en jour, dans l'indifférence totale de tous les Grands, de nos Pères, de vous, les adultes, qui nous transmettrez bientôt la responsabilité de gérer ce monde. Richesse et pauvreté sont distribuées de façon toujours plus inégale entre les populations, beaucoup de pays manquent de nourriture et d'eau tandis que dans beaucoup d'autres l'alimentation est excessive et la nourriture gaspillée. Sur notre Planète, un milliard de personnes et d'enfants n'ont pas encore accès à la nourriture et chaque soir le droit de s'asseoir à table leur est refusé, tandis qu’un milliard de personnes souffrent d'obésité. 80% de la production mondiale de nourriture est consommée par 20% de la population mondiale. Chaque jour, 5 000 personnes meurent parce qu'elles n'ont pas accès à l'eau. On refuse à nos semblables de l'eau et des céréales, mais pas aux trois milliards de têtes de bétails et d'animaux dont nous ne sommes pas certains d'avoir besoin pour notre alimentation. Ces paradoxes, et d'autres encore, nécessitent une réflexion et une prise de conscience éthique et morale qui ne peux plus être remise à plus tard. Les interventions que nous avons entendues dans cette salle montrent bien qu’il est urgent de mettre en place des actions concrètes qui puissent contribuer au bien-être des populations et de la Planète. Chacun de nous est appelé à agir pour faire face à ces grands défis. Notre appel s'adresse en particulier aux dirigeants, aux Grands de la Terre, à vous, nos Pères : mettez à nouveau l'alimentation et la nutrition au centre de vos agendas, mettez en place les plans d'actions et de développement nécessaires et considérez de façon équitable les rapports entre personnes et pays. Laissez-nous une Planète plus juste et plus durable. Il est aussi crucial que la recherche, la science et les entreprises contribuent à la promotion de programmes d'information et d'éducation pour améliorer le bien-être des personnes. Il est nécessaire que les entreprises trouvent des modèles plus durables d'œuvrer sur les marchés globaux. Parce qu'affronter les défis du futur, cela suppose des engagements communs. Donnez-nous la possibilité, à nous les générations futures, de vivre une vie digne comme celles des générations qui nous ont précédé. Commencez dès aujourd'hui, ici, à construire ensemble notre futur et celui des enfants qui viendront, parce que “connaître la réalité est le premier pas pour la transformer”.

 

29 août 2011 - “NOUS SOMMES CE QUE NOUS MANGEONS”

 

Nous l'avons retrouvée parmi les sujets du baccalauréat de cette année presque comme une démonstration que les temps changent mais pas les exigences : la fameuse affirmation de Feuerbach “nous sommes ce que nous mangeons”, photographie en effet un “fait biochimique” évident et fondamental qui se trouve à la racine de la vie. Mais elle signifie aussi que la manière dont la nourriture est cultivée, distribuée et cuisinée influe sur notre personne, dans sa totalité, beaucoup plus que nous ne l'imaginons. Les modèles alimentaires, en effet, permettent de conditionner non seulement notre forme physique, mais plus généralement, nos styles de vie et notre bien-être mental. Et il est évident que tous ces phénomènes et habitudes s'influencent les uns les autres dans une sorte de cercle vicieux qui devient un cercle vertueux et inversement. Par conséquent, il est fondamental de mettre de plus en plus l'accent sur des styles et des modèles alimentaires capables d'influencer de manière positive, constante et durable notre bien-être physique et psychologique. Ce n'est pas un hasard si l'USDA (le ministère américain de l'Agriculture), avec la Première Dame des Etats-Unis Michelle Obama, a récemment présenté le nouveau logo de l'US 2010 Dietary Guidelines for Americans - MyPlate - qui a supplanté MyPyramid, l'ancienne icône de l'USDA. Selon MyPlate, le secret d'un “esprit sain dans un corps sain” se renferme dans une seule assiette, la moitié remplie de fruits et de légumes, un quart de céréales et le quart restant d'aliments qui fournissent des protéines comme la viande, le poisson et la volaille ; le tout accompagné d'un bon verre de lait. Michelle Obama le décrit comme un pense-bête simple et rapide pour rendre les Américains plus conscients des aliments consommés aux repas, et de grande utilité pour tous les parents.

Des modèles alimentaires encore plus évolués permettent d'assurer non seulement la santé de la personne mais aussi la sauvegarde de l'environnement. Comme la Double Pyramide Alimentaire Environnementale, capable aussi, par rapport à sa cousine américaine MyPlate, de mettre en relation les aspects nutritionnels et les impacts environnementaux des aliments. En mettant côte à côte les deux pyramides (la pyramide alimentaire “classique” et la pyramide environnementale retournée), il est possible de remarquer que les aliments dont on recommande une plus grande consommation sont aussi ceux qui déterminent les impacts environnementaux les plus faibles. Inversement, ceux dont on recommande une consommation modérée sont aussi ceux qui ont un impact plus négatif sur l'écosystème de la nature. Le modèle alimentaire de la “Double Pyramide” est fondé essentiellement sur les céréales, surtout complètes, très importantes pour leur contenu en fibres et en composants protecteurs, sur les fruits et les légumes. En allant vers le haut, nous trouvons progressivement le lait et ses dérivés, de préférence dans la version maigre, ainsi que les viandes et le poisson ; et enfin, au sommet, les produits très riches en graisses et en sucres à consommer uniquement lors d'occasions “spéciales”!

 

8 juillet 2011 - Dans le secteur alimentaire, une alerte en entraîne une autre, mais la plupart du temps, elles sont surtout médiatiques.

 

Nous assistons au retour des crises sanitaires: de la vache folle à la grippe aviaire, du lait chinois à la mélamine au lait allemand à la dioxine jusqu'au concombre espagnol. En dix ans, la liste des crises alimentaires est longue. Et pourtant, d'année en année, les normes sont de plus en plus sévères, les contrôles toujours plus assidus, les consommateurs toujours plus informés et attentifs. Mais il y a quelque chose qui nous échappe. Qu'est-ce que c'est ? Une réflexion s'impose, étant donné les graves répercussions que ces phénomènes provoquent et les psychoses qui en résultent, vraies ou présumées, dans la population générale. On peut évaluer le lourd impact des crises sanitaires, de ces 10 dernières années, sur la consommation à 5 milliard d’euros. Des peurs qui, dans beaucoup de cas, se sont révélées sans fondement. Surtout en Italie, où les contrôles ne manquent pas, comme en témoigne le Bureau alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne. Celui-ci a, en effet, à plusieurs reprises, confirmé l'efficacité du système italien de garantir la filière alimentaire. Qui provoque donc cet état d’agitation générale qui risque de mettre en péril un secteur fondamental de notre économie ? Il est certain que les médias ont une part de responsabilités dans ces polémiques. En effet, l’intérêt marqué de la presse, de la radio et de la télévision pour les alertes sanitaires est bien connu. Par conséquent, nous avons besoin, tout d'abord, d'une information adéquate, complète et surtout responsable, tout en évitant les alertes médiatiques qui sont souvent le véritable virus auquel on a affaire. Mais il est également vrai que notre façon de manger est en train de changer et on ne peut pas ignorer l'invasion du marché alimentaire par des produits de mauvaise qualité proposés à des prix cassés. Une politique qui nous conduit à acheter tout ce qui nous est proposé : aliments emballés, déjà prêts, même cuits et assaisonnés, “à des années-lumière” de nos traditions culinaires. Ce qui fait la différence, c'est sûrement le prix attrayant, surtout dans une période économique qui se répercute fortement sur le porte-monnaie des consommateurs, au détriment de la qualité et du goût. Une politique de prix extrêmement agressive doit forcément pénaliser certains aspects, en premier lieu les contrôles et l’approvisionnement des matières premières. Et ce qui semble être une économie d’argent finit par nuire à la santé. Voilà pourquoi souvent les grandes marques, qui investissent sans cesse dans les contrôles et dans la qualité des produits, sont à même de conjurer ces dangers. Par conséquent, il serait opportun, et certainement plus salutaire de redécouvrir la vraie valeur et la salubrité de la nourriture comme réponse adéquate à l'envie de sécurité et de goût des Italiens.

 

15 juin 2011 - La Planète dévastée par les gaspillages

 

1,5 millions de tonnes, d'une valeur marchande de 4 milliards d'euros : voilà à combien s'élève, seulement en Italie, le gaspillage annuel de produits alimentaires encore parfaitement consommables. Chaque jour, 4 mille tonnes d'aliments finissent à la décharge ou à l'incinérateur et entre 30 et 40% de la production alimentaire entière sont gaspillés chaque année, d'une valeur d'environ de 12 milliards d'euros. Des quantités de nourriture qui seraient 22 fois supérieures à celles qui sont nécessaires pour lutter contre la faim des populations mal nourries de la Planète, et qui suffiraient pour alimenter 3 milliards d'individus.

Le gaspillage, souligne Antonio Galdo dans son essai “Ne gaspille pas” concerne aussi bien les Pays industrialisés que les pays en voie de développement, avec une différence importante : alors que dans les pays du Sud, la nourriture se perd au cours du passage des champs agricoles à la table des foyers, à cause de techniques de culture arriérées ou du fait des problèmes dans la chaîne de transports, dans les pays industrialisés, le gaspillage est créé par des habitudes peu regardantes quand il s'agit de manger ou de faire les courses.

Malheureusement les choix alimentaires et de consommation de chacun de nous sont aussi directement liés à l'impact sur l'environnement en général, et sur le climat en particulier. Pour comprendre les raisons de l'impact sur l'environnement, il faut souligner que les animaux d'élevage consomment en effet beaucoup plus de calories, dérivées de denrées végétales pour animaux, qu'ils n'en produisent sous forme de viande, de lait et d'oeufs, provoquant un gaspillage considérable de terrains fertiles, d'énergie et d'eau. Il est incontestable que notre Planète est en train de subir un énorme impact dû à un gaspillage insensé de ressources. La consommation de denrées animales est certainement une des causes primaires de cet impact qui pourra voir une réduction importante seulement à travers un changement radical de l'alimentation globale. La production de nourriture est en effet celle qui influence le plus l'utilisation des terrains agricoles, et par conséquent le changement d'habitat, la consommation d'eau, la surexploitation des zones de pêche et la pollution par l'azote. La dégradation du sol est un des problèmes les plus sérieux auxquels l'agriculture est confrontée. Alors que la formation d'un centimètre de sol peut prendre de 20 à 1000 ans, les Nations Unies ont estimé que le vent et l'eau érodent chaque année 1% du sol de la Planète. Par ailleurs, la consommation d’eau a le plus fort impact sur l’environnement. La zootechnie et l'agriculture, dont la plupart des produits servent à nourrir les animaux d'élevage, consomment 70% de l'eau utilisée sur la Planète.

L’impact de l’élevage industriel sur l’utilisation des terres cultivables inquiète de plus en plus les organisations telles que l’OMS et la FAO, et en conséquence, sur la possibilité ou non de nourrir le monde de façon efficace ; mais ce message a du mal à passer auprès de l'opinion publique, malgré les nombreuses études scientifiques qui poussent vraiment dans ce sens, invitant explicitement à faire un choix : changer son propre comportement alimentaire pour faire changer les choses.

 

18 mai 2011 - Le match de la faim dans le monde oppose aujourd'hui les Pays émergents et les Pays pauvres

 

En 2010, selon la FAO, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde avoisine le seuil du milliard. Un nombre destiné à augmenter radicalement, étant donné la prévision de croissance de la population mondiale qui avoisinerait les 9 milliards d’individus en 2050.

Mais dans ce troisième millénaire, quelles sont les causes de la crise alimentaire ? En 2008, la hausse des prix des matières premières agroalimentaires a certainement joué un rôle important dans l'aggravation d'une situation déjà dramatique, et en a réduit la disponibilité.

Mais aujourd'hui ce ne sont plus seulement les Pays occidentaux qui influencent l'économie mondiale et qui dictent les prix, mais aussi les Pays émergents, c'est-à-dire la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie, le Mexique, l'Indonésie et la Turquie. De plus, le cadre géopolitique actuel laisse bien peu d'espoir et les récentes révoltes, parties de Tunisie pour exploser dans toute l'Afrique du Nord, sont un indicateur important de cette organisation changée. Mais ces révoltes ne concernent-elles que la tyrannie du gouvernement? En effet, on pourrait se demander pourquoi, après 40 ans de despotisme, avoir choisi seulement maintenant pour renverser les gouvernements de ces pays?

Il est évident que la situation s'est aggravée avec la crise économique mondiale, qui a eu son pire impact justement en Afrique du Nord, car c'est la zone la plus éloignée de l'autosuffisance alimentaire et la plus grande importatrice de blé. Mais c'est aussi la zone géographique où les plus fortes hausses de prix se sont produites l'année dernière. Le doute qu'on ait voulu faire des spéculations est légitime. Evidemment la volatilité des marchés aggrave ultérieurement le scénario et offre peu de garanties. Voilà pourquoi aujourd'hui ceux qui vivent dans des conditions de misère et souffrent de la faim, doivent faire face non seulement à la société de consommation des Pays occidentaux mais aussi à la tentative de développement des pays émergents, qui soustraient aussi le peu de ressources disponibles.

Le monde, par conséquent, est de plus en plus déséquilibré et maintenant, plus qu'avant, il devient indispensable de revoir les systèmes de production et de distribution des aliments, en freinant par la même occasion la succession d'excès des marchés financiers globaux.

 

15 avril 2011 - L'idée d'un développement infini et d'une croissance illimitée, de la capacité des marchés à s'auto-réglementer et à s'équilibrer de façon autonome est définitivement révolue.

 

L'idée d'un développement infini et d'une croissance illimitée, de la capacité des marchés à s'auto-réglementer et à s'équilibrer de façon autonome est définitivement révolue. Les scénarios sont caractérisés aujourd'hui par des phénomènes démographiques, par de forts conflits sociaux, par la faible disponibilité d'eau et par le réchauffement global. Les grandes crises, comme celle que nous vivons actuellement, peuvent accélérer les processus de changement et, au contraire, les discontinuités peuvent créer de grandes opportunités.

Le concept même de durabilité est devenu aujourd'hui une façon nécessaire d'agir, de comprendre la croissance, et dont l'objectif principal est le bien des personnes.

Nous ne pouvons certes pas arrêter l'évolution de la Planète mais nous avons le devoir moral de suggérer des propositions pour interagir avec elle de façon responsable.

En tant qu'entrepreneurs, notre sens des responsabilités, nos valeurs et nos compétences nous poussent À réagir avec sérénité, mais aussi avec une certaine urgence pour mobiliser les ressources et apporter une contribution concrète. En tant qu'entreprise agroalimentaire, nous sommes conscients du rôle clé que l’alimentation et la nutrition jouent, et joueront de plus en plus, pour les futures générations.

C'est ainsi qu'en 2009, le Barilla Center for Food & Nutrition est né, un centre d'idées pour rassembler les meilleures connaissances au niveau mondial sur les thèmes de la nutrition et de l'alimentation, en rapport aux personnes, à l'environnement, à la science et à l'économie, avec l'objectif de les rendre disponibles aux décideurs internationaux et aux prescripteurs.

C'est pour cela que nous avons décidé de créer aussi BCFNews, une newsletter qui veut créer un flux de communication continu avec nos interlocuteurs pour les tenir constamment au courant des résultats de nos travaux. Vos contributions et vos suggestions seront précieuses pour chercher à améliorer toujours davantage notre travail et pour essayer de nous interroger sur les aspirations, les besoins et les nécessités des personnes, en tentant de deviner le futur pour mieux vivre le présent.

Bonne lecture,

Guido Barilla


 


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